La sécurité étudiante sur le campus

27 janvier 2020

Les établissements d’enseignement supérieur au Québec assurent que la sécurité de la population étudiante fait partie intégrante de leurs priorités. De multiples stratégies d’intervention sont créées et retravaillées afin d’assurer un respect et un maintien étroit des règles à cet effet (1). Les cursus scolaires, les campus ainsi que les résidences universitaires subissent constamment des ajustements afin de rendre ces institutions les plus sécuritaires et inclusives possible (1).

Ces modifications peuvent se traduire par l’entrée en vigueur de la Politique pour prévenir et combattre les violences à caractère sexuel à l’Université Laval en 2018 (2). Sur le terrain, une présence accrue de téléphones d’urgence dans les souterrains, reliant les pavillons entre eux, est à noter. De telles dispositions sont également prises dans les couloirs à même les résidences universitaires. Un autre exemple pertinent à mentionner serait le système de cartes magnétiques réservées aux personnes vivant sur le campus. Cela empêcherait donc des visages inconnus de flâner dans leur espace de vie. 

Dans un contexte où les minorités sont assujetties à davantage de cas de harcèlement et de violence à caractère sexuel, il est juste de se demander si de telles mesures fonctionnent réellement. Certaines populations plus à risque, telles que les femmes, les personnes issues des communautés culturelles ainsi que les membres de la communauté LGBTQ2+, se situent statistiquement toujours parmi les premières à demander de l’aide (3).

Cet article propose une approche dialogale sur la sécurité actuelle de la population étudiante à l’Université Laval. Trois personnes étudiantes et résidentes des pavillons à même le campus (A, B & C) répondront à leur tour à une question posée.

  1. Considérez-vous que le thème de la sécurité étudiante est pris au sérieux à l’Université Laval?

A – Je dirais que mon seul bémol, ç’a toujours été les initiations. Le concept de consentement semble disparaître dans certains baccalauréats. Je n’ai rien à dire pour le nôtre, tout s’est bien déroulé pour ma part, mais n’empêche que parfois je me dis que des initiateurs ont des croûtes à manger.

B – Je pense qu’un grand nombre d’étudiants est conscientisé par le thème de la sécurité, mais qu’aussi, certains prennent celle-ci pour acquise et ne font pas d’effort pour participer à la sécurité de tous sur le campus.

C – Sur le campus, je crois que oui. On pouvait régulièrement voir des agents de sécurité autour de nous.

2. Vous êtes-vous toujours senti en sûreté sur le campus?

A – Pas forcément, non. Si je finis mes cours dans les environs de 21h, je ne reste jamais très longtemps après, car je sais que je dois me rendre dans les souterrains pour accéder à ma résidence. Il y a des endroits qui me foutent carrément les jetons tellement ils sont mal aménagés.

B – La majorité du temps, oui, je me sentais en sûreté sur le campus. Le seul endroit où je ne me sentais pas en pleine sécurité, c’était dans les souterrains et lorsqu’il y avait peu de personnes.

C – Malheureusement, non. Si j’étais seule, je ne me sentais pas en sécurité, surtout le soir.

  1. D’un point de vue pratique, pensez-vous que les mesures mises en place par l’Université Laval sont efficaces pour pallier à la problématique des violences à caractère sexuel? 

A – Alors, je dois dire que l’ULaval s’est bien positionnée contre les violences et le harcèlement à ce niveau-là. Il y a cependant du chemin à faire pour passer à la pratique. Il devrait notamment avoir plus de supervision dans les résidences. Les gardiens et gardiennes de sécurité sont plus actifs en début de semestre qu’ils ne le sont vers la fin.

B – Je pense que d’un point de vue logistique et départemental, plusieurs bonnes mesures sont prises, mais elles sont insuffisantes. La présence de sécurité sur le campus par le biais de téléphones rouges n’est pas assez développée.

C – Oh que non! Si les mesures étaient efficaces, il y aurait beaucoup moins de témoignages.

  1. Conservez-vous globalement un bon souvenir de votre vie dans les résidences universitaires? 

A – Je suppose que ça passe… Il y a seulement un événement où je me suis fait suivre. Il y a certaines personnes qui attendent que les résidents arrivent avec leur carte pour se faufiler derrière eux. J’ai l’impression que c’est pire quand on est étudiant étranger, car on connaît moins l’environnement.

B – Oui, car en résidence, je me suis toujours senti en sécurité.

C – NON, NON, NON ET NON!!! Un intrus s’était introduit dans ma chambre en pleine nuit. ll m’a même agrippé au cou. J’ai fait une plainte, mais je n’ai jamais vu quoi que ce soit s’améliorer. Cette nuit-là, il y avait eu plusieurs viols sur mon étage… Une chance que je sais me défendre! Après l’agression, je suis parti des résidences rapidement et à mes frais. Je peux également témoigner que cette situation a affecté mes notes.

  1. Si applicable, auriez-vous des solutions à proposer pour régler les problèmes que vous avez personnellement vécus? 

A – Quant à moi, ça passe par faire davantage de médiatisation des ressources pour les personnes qui en ont besoin. Aussi, il faudrait engager plus de surveillants pour ainsi décourager les personnes mal intentionnées. C’est en partageant notre vécu qu’on pourra faire bouger les choses!

B – Quant à moi, les téléphones rouges devraient être présent en plus grand nombre pour aider les victimes sur campus lors des actes d’agression. Un bon exemple est le couloir souterrain menant au Pavillon Desjardins où certes, des téléphones sont présents, mais à une trop grande distance l’un de l’autre. Ce hic pourrait empêcher une victime d’obtenir de l’aide lorsque nécessaire.

C – Plus de surveillance, éduquer les gens sur le consentement, prendre les plaintes des victimes au sérieux et accommoder ceux et celles qui ont subi des traumatismes.

Les réponses obtenues par ce sondage démontrent qu’il y a toujours un écart important entre les objectifs fixés par l’Université Laval en 2018 et la réalité actuelle. Il est primordial que de tels témoignages se rendent au vu et au su des groupes décisionnels et universitaires afin que les ajustements nécessaires soient émis au plus vite.

En guise de conclusion, le Comité DSPG tient à rappeler que toute personne est la bienvenue pour confier anonymement son vécu par le biais de la boîte de dépôt de façon anonyme. Le comité exécutif de l’ABEILL tient également à réitérer sa position soutenant toute personne survivante de harcèlement ou de violence à caractère sexuel. Solidairement,

Votre Comité DSPG

__________________________

Sources :

  1. http://www.education.gouv.qc.ca/colleges/enseignants-et-personnel-de-college/soutien-des-etudiants/violences-a-caractere-sexuel/
  2. https://www.ulaval.ca/fileadmin/Secretaire_general/Politiques/politique-VACS.pdf
  3. http://www.agressionsexuellemontreal.ca/violences-sexuelles/portrait-montrealais

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